Conakry, le 30 avril 2025
Dans les coulisses de la Fédération Guinéenne de Football (FGF), un jeu d’ombres se trame. À moins de deux semaines de l’Assemblée Générale Ordinaire du 8 mai, nous avons eu accès à un ensemble de documents internes, pièces justificatives à l’appui, qui révèlent un mécanisme bien huilé de contournement des textes. Une dérive méthodique et organisée, dont les ramifications touchent jusqu’aux plus hauts sommets de l’administration fédérale.
ACTE I : UNE COOPTATION FORCÉE, HORS DES CLOUS
Tout commence par un courrier daté du 25 mars 2025 (réf. 0192), émis par le Secrétariat Général de la FGF à l’endroit de la Commission Électorale. Objectif : obtenir des éclaircissements sur les modalités de remplacement des postes vacants au sein du Comité Exécutif. Ce qui semble, en surface, une démarche réglementaire, cache en réalité une opération préméditée.
Le 8 avril, sans débat ni vote en Assemblée Générale, deux nouvelles personnes sont cooptées. Le passage en force est manifeste, en violation directe de l’article 36.8 des statuts de la FGF. Aucune élection partielle. Aucun procès-verbal validé. Une simple notification interne, sans transparence. Les organes de contrôle, eux, ne recevront jamais la documentation légale requise.
ACTE II : LA COMMISSION ÉLECTORALE RÉDUITE AU SILENCE
La Commission Électorale, pourtant garante de la régularité du processus, entre en scène. Dans une lettre datée du 22 avril (réf. CE/P/2025), elle rappelle que ces nominations ne reposent sur aucune base statutaire. Elle va plus loin : elle qualifie les décisions d’ »invalides » et appelle au respect strict des délais et procédures.
Mais le Secrétariat Général choisit l’ignorance stratégique. Deux courriers contradictoires envoyés le 25 avril (réf. 0289 et 0290) confirment la confusion ambiante : d’un côté, l’assurance de transmettre les candidatures ; de l’autre, une convocation précipitée d’une réunion de travail fixée au 28 avril, soit à seulement dix jours de l’Assemblée.
ACTE III : UNE MISE EN DEMEURE POUR TENTER DE SAUVER LES TEXTES
Le 26 avril, la tension franchit un cap. La Commission Électorale adresse une mise en demeure formelle au Secrétariat Général. Dans ce document exceptionnel, l’instance dénonce l’absence totale de transmission des dossiers de candidature, alerte sur l’irrégularité de la procédure, et souligne le risque juridique majeur que représente la tenue de l’AGO dans ces conditions.
ACTE IV : LA LÉGITIMITÉ EN SUSPENS
À ce stade, les violations sont aussi nombreuses que graves :
Article 36.8 violé : cooptations sans vote.
Article 36.3 ignoré : aucune enquête préalable sur les candidatures.
Délais réglementaires bafoués : les documents exigés par la charte électorale transmis hors délais.
Ces infractions mettent en péril la validité de toute l’Assemblée Générale du 8 mai. Et plus encore : elles exposent la FGF à des sanctions, voire une mise sous tutelle par la FIFA. Le football guinéen pourrait se retrouver une nouvelle fois plongé dans une crise institutionnelle aux conséquences désastreuses.
Face à ces manquements en cascade, un appel fort se fait entendre. Le report de l’Assemblée Générale, la reprise des procédures électorales dans le respect strict des textes et la publication complète des documents internes ne sont plus des options, mais des impératifs démocratiques.
Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas un simple affrontement de clans ou une guerre de postes : c’est la survie morale et institutionnelle du football guinéen.
Documents justificatifs disponibles :
Courrier du Secrétariat Général (25/03/2025 – réf. 0192)
Réponse de la Commission Électorale (22/04/2025 – réf. CE/P/2025)
Courriers du Secrétariat Général (25/04/2025 – réf. 0289 et 0290)
Mise en demeure de la Commission Électorale (26/04/2025)
Enquête réalisée par SÉKOU KOUTOUBOU KABA JOURNALISTE SPORTIF

















